Résumé SIMPLEX Urbanistique :
Le Décret-Loi n.º 10/2024, du 8 janvier, s’inscrit dans le cadre du SIMPLEX Urbanistique, ayant pour objectif principal la réforme et la simplification des processus de licence dans les domaines de l’urbanisme, de l’aménagement du territoire et de l’industrie.
Dans la pratique, le SIMPLEX Urbanistique regroupe 26 mesures visant à simplifier, moderniser et innover les services administratifs de l’État. Avec les changements dans les règles de délivrance des licences de construction et la reclassification des sols, on s’attend à une réduction des coûts associés à divers processus, ce qui pourrait faciliter l’accès au logement — l’un des plus grands défis auxquels le pays est actuellement confronté.
Bien que certaines mesures soient déjà en vigueur depuis le début de l’année, la plupart n’ont été mises en œuvre que le 4 mars 2024.
Étant donné l’ampleur du contenu de ce décret-loi et le large éventail de mesures qui le composent, cet article présente les plus pertinentes et celles ayant le plus d’impact.
MESURES EN VEDETTE
Qu’est-ce que le SIMPLEX Urbanistique et quelles sont ses principales modifications ?
Avec la publication du Décret-Loi n° 10/2024 le 8 janvier 2024, le gouvernement portugais a introduit une série de changements cruciaux pour le secteur de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire. Appelé SIMPLEX Urbanistique, ce paquet de réformes vise à réduire la bureaucratie dans les processus urbanistiques, recherchant l’efficacité dans le traitement des projets et une plus grande uniformité des procédures à travers tout le territoire national.
Dans cet article, nous allons explorer les principaux aspects et changements introduits par le décret, y compris l’impact sur le licencement, les nouvelles procédures, les technologies intégrées et bien plus encore.
1. Le cadre urbain simplex
Le SIMPLEX Urbanistique fait partie du programme Mais Habitação, un ensemble de mesures visant à résoudre les problèmes de logement et d’urbanisme au Portugal. Le décret impacte diverses législations, telles que le Régime Juridique de l’Urbanisation et de l’Édification (RJUE), le Règlement Général des Édifices Urbains (RGEU), le Régime Juridique des Instruments de Gestion Territoriale (RJIGT), entre autres. De plus, il existe des connexions avec la Loi de Bases de la Politique Publique des Sols et le Régime Juridique de la Réhabilitation Urbaine
2. Types de procédures d’urbanisme
L’une des innovations les plus importantes du SIMPLEX Urbanistique est la réorganisation des procédures urbanistiques en quatre catégories principales, visant à simplifier et à accélérer l’administration :
– Opérations exemptes de licence ou de communication préalable : incluent les travaux de conservation et certains travaux internes dans des bâtiments, à condition qu’ils n’affectent pas la structure de stabilité ou la façade.
– Communication préalable : pour les interventions urbanistiques de moindre impact qui ne nécessitent pas de licence, comme les lotissements dans des zones prévues par des plans de détail.
– Licenciement : reste exigé pour les opérations plus complexes, telles que les travaux sur des biens classés ou d’une importance patrimoniale.
– Communication préalable avec délai : utilisée dans des cas spécifiques, tels que les changements d’usage ou lorsqu’il y a des modifications non significatives dans des bâtiments existants.
Cette nouvelle catégorisation est essentielle pour accélérer les processus, car elle permet à certains types d’interventions de passer directement à l’exécution sans avoir besoin de licences longues, notamment lorsqu’elles sont sous le régime de la Demande d’Information Préalable (PIP) favorable.
3. Demande d’Information Préalable (PIP) et ses Nouvelles Applications
Le PIP est un outil stratégique dans le cadre du SIMPLEX Urbanistique, offrant une plus grande sécurité juridique aux promoteurs de projets. Un PIP favorable peut, dans certaines conditions, exonérer complètement le projet de licence ou de communication préalable. Les domaines pouvant bénéficier de cette exonération incluent les lotissements dans des zones avec un plan de détail ou des unités d’exécution, ainsi que les urbanisations avec des travaux sur des terrains préalablement remodelés.
De plus, le SIMPLEX établit des délais clairs pour l’exécution des opérations approuvées via le PIP : le promoteur dispose de 2 ans pour commencer les opérations urbanistiques, avec la possibilité de demander une prolongation si les conditions initiales demeurent. Cela garantit une plus grande flexibilité et prévisibilité pour les projets.
4. Limitations au Pouvoir Règlementaire des Municipalités
L’un des changements les plus controversés du SIMPLEX Urbanistique est la réduction du pouvoir réglementaire des municipalités sur les procédures urbanistiques. Auparavant, les municipalités pouvaient définir un certain nombre de règles locales spécifiques, qui compliquaient souvent le traitement des projets en raison de la disparité des exigences entre différentes régions. Avec la nouvelle réglementation, plusieurs documents et procédures auparavant exigés par les municipalités ont été éliminés. Parmi les documents qui ne peuvent plus être demandés, on trouve :
– Copies de documents déjà en possession de la mairie (comme les registres de propriété).
— Copies de certificats permanents, remplacées par la simple indication du numéro du certificat.
– Déclarations de capacité professionnelle et de responsabilité technique.
De plus, le SIMPLEX centralise les règlements urbanistiques dans le **Diário da República**, où ils seront organisés par municipalité, facilitant ainsi la consultation publique et promouvant une plus grande uniformité.
5. Nouveau Méthode de Paiement des Taxes
Simplex Urbanístico modifie de manière significative la manière dont les paiements des taxes d’urbanisme seront effectués. Auparavant, les paiements étaient effectués directement aux municipalités, mais le nouveau système prévoit que tous les paiements seront effectués électroniquement, par l’intermédiaire de la plateforme de paiement de l’administration publique. Cette innovation est intégrée à la future Plateforme électronique des procédures d’urbanisme, qui sera obligatoire sur l’ensemble du territoire à partir de 2026.
Avec la centralisation des paiements et la numérisation des procédures, les promoteurs pourront suivre l’évolution du processus en temps réel et bénéficieront d’une plus grande transparence.
6 .Constructions Modulaires et leur Intégration dans le RJUE
Le SIMPLEX établit également des normes claires pour les constructions modulaires, une méthode de construction qui a gagné en importance ces dernières années en raison de son efficacité et de sa rapidité. Selon la nouvelle législation, ces constructions seront désormais régies par les mêmes normes que le RJUE applicables aux bâtiments conventionnels. Cela inclut le respect des exigences techniques et réglementaires, ainsi que le respect des règles de licence ou de communication préalable, selon le type d’opération urbanistique impliquée.
7. Intégration de la Méthodologie BIM (Modélisation de l’Information du Bâtiment)
À partir de 2030, tous les projets d’architecture devront être soumis en utilisant la méthodologie BIM, une innovation qui promet de révolutionner le secteur de la construction. Le BIM est une plateforme collaborative qui permet la création de modèles numériques de bâtiments, facilitant ainsi la planification, l’exécution et la maintenance des ouvrages. Avec l’introduction de cette méthodologie, les délais d’approbation seront réduits, car la plateforme effectuera elle-même des vérifications automatiques de conformité avec les règlements municipaux et le RGEU.
8. Reclassification des Sols et Promotion du Logement
Dans le domaine de l’aménagement du territoire, le SIMPLEX introduit des mécanismes simplifiés pour la reclassification des sols rustiques en sols urbains. Cette mesure est essentielle pour augmenter la disponibilité de terrains pour le logement public et à coûts maîtrisés, en particulier dans les zones à forte demande de logement.
La reclassification des sols peut être réalisée de deux manières : par le biais de procédures simplifiées, qui nécessitent des contrats de planification et sont admises dans des cas spécifiques, ou par des modifications simplifiées des plans municipaux, qui ne requièrent pas de justification si elles sont prévues dans des stratégies locales de logement.
De plus, le SIMPLEX prévoit également que les sols de propriété exclusivement publique, destinés à la construction de logements, n’auront pas besoin de passer par la procédure régulière de reclassification, à condition qu’ils respectent certains critères d’utilisation et de localisation.
Une Nouvelle Ère pour l’Urbanisme au Portugal
Le SIMPLEX Urbanistique est un jalon dans la modernisation de l’aménagement du territoire au Portugal. En favorisant la simplification des procédures, en intégrant de nouvelles technologies et en réduisant la bureaucratie, le gouvernement portugais progresse vers un urbanisme plus agile, efficace et adapté aux besoins contemporains.
Avec la mise en œuvre de ces réformes, on s’attend à une accélération des projets de construction, en particulier ceux liés au logement public, ainsi qu’à une plus grande uniformité des processus à travers le pays. En utilisant des outils tels que la Plateforme Électronique des Procédures Urbanistiques et la méthodologie BIM, le secteur sera modernisé, apportant plus d’efficacité, de durabilité et de transparence pour tous les acteurs concernés.
Résumé des 26 Mesures
Dans le but de promouvoir le logement, de réduire les charges et de simplifier les procédures administratives dans le domaine de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire, les mesures suivantes ont été approuvées :
- Élimination de la nécessité de licences urbanistiques ou de communications préalables pour certains cas, en identifiant les nouveaux cas d’exemption ou de dispense de contrôle préalable par les municipalités.
- Certaines licences ne sont plus obligatoires, nécessitant uniquement une communication préalable.
- Mise en œuvre du régime de tacite approbation pour les licences de construction, avec certification par l’émission d’un certificat électronique (Décret-Loi n° 135/99, avec la rédaction actuelle).
- Fin de la nécessité d’un permis de construire, remplacé par le reçu de paiement des taxes dues.
- Élimination de l’autorisation d’utilisation lorsque les travaux ont été soumis à un contrôle préalable, remplacée par la remise de documents relatifs au projet.
- Obligation de communication préalable, avec un délai de 20 jours, pour un changement d’usage sans travaux soumis à un contrôle préalable. La demande est considérée comme acceptée en l’absence de réponse de la municipalité dans le délai imparti.
- Validité de deux ans pour les demandes d’information préalable considérées comme favorables, pouvant être prolongées d’un an supplémentaire.
- Flexibilisation de l’acceptation de la demande de prolongation du délai d’exécution des travaux, éliminant la limitation à une seule prolongation et la restriction à la moitié du délai original.
- Délégation de compétences aux dirigeants des services municipaux pour l’octroi de permis de construire, permettant de réduire la concentration des demandes au sein des municipalités et ainsi de diminuer les délais d’attente.
- Mise en œuvre de nouvelles règles pour le calcul des délais de décision, les rendant plus transparents. Par exemple, le calcul commence à la date de soumission de la demande et les délais ne peuvent être suspendus que dans des cas très spécifiques.
- Les demandes ou communications qui ne sont pas rejetées ou corrigées sont considérées comme correctes. Une demande ne peut pas être refusée sur la base d’une instruction incomplète sans avertissement préalable.
- La procédure se poursuit pendant l’attente des avis, autorisations ou consultations, sans interruption du processus.
- Il ne sera pas nécessaire d’obtenir l’avis de l’entité compétente en matière de patrimoine culturel pour les biens situés dans des zones de protection, à condition que les travaux soient intérieurs et n’impactent pas le sous-sol ou des éléments patrimoniaux tels que des carreaux ou des stucs.
- Création d’une Plateforme Électronique des Procédures Urbanistiques, qui permettra des demandes en ligne, des consultations de processus, des notifications électroniques et l’uniformisation des procédures. Cette plateforme sera obligatoire à partir du 5 janvier 2026.
- Il appartient aux municipalités de vérifier le respect des normes urbanistiques et des infrastructures, mais elles ne sont pas responsables de l’évaluation des spécialités techniques, telles que l’eau, l’électricité ou le gaz.
- Les municipalités n’approuveront pas les projets de spécialités. Ceux-ci seront uniquement à titre d’information et d’archivage, accompagnés de déclarations de responsabilité des techniciens compétents.
- Révocation des exigences du RGEU (Règlement Général des Édifices Urbains), telles que l’obligation d’installer des bidets dans les salles de bains et l’acceptation des kitchenettes dans les cuisines.
- À partir du 1er juin 2026, le RGEU sera complètement abrogé.
- Les règlements municipaux ne pourront traiter que des questions spécifiques, évitant ainsi une complexité administrative inutile dans les procédures.
- Élimination des exigences excessives concernant les documents présentés pour les opérations urbanistiques, tels que les livres de chantiers numérisés ou les procurations authentifiées.
- Fin de la nécessité d’une licence spécifique pour l’occupation de l’espace public, celle-ci étant désormais intégrée dans la licence ou la communication préalable urbanistique.
- Réduction des exigences concernant les boîtes aux lettres, qui ne seront plus un contrôle obligatoire par les municipalités.
- Interdiction d’exiger des forces policières pour la réalisation d’un chantier.
- Les municipalités sont tenues d’accepter la cession de garanties fournies par les entrepreneurs au promoteur, éliminant ainsi le coût de nouvelles garanties.
- Simplification des formalités lors de l’achat et de la vente de biens immobiliers, comme l’élimination de la présentation de la fiche technique de logement.
- Simplification du processus de reclassification des sols rustiques en sols urbains à des fins industrielles, logistiques ou de logement à coûts maîtrisés.

